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Camarade Michel Chartrand

category amérique du nord / mexique | histoire | nouvelles author Thursday May 06, 2010 02:14author by Cause commune - Union communiste libertaire (UCL)author email journal at causecommune dot net Report this post to the editors

Un texte extrait du numéro de mai-juin 2010 du journal Cause commune

Nous ne voulons collaborer en aucune circonstance. On va se mettre en opposition carrée au pouvoir! On va aider tous ceux qui veulent protester, contester, et faire la révolution!
- Michel Chartrand, 1970
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Michel Chartrand est mort. La réduction de cet homme généreux à ce qu'il avait de plus pacifique et d'inoffensif en son action et sa pensée sera pour l'élite un exercice des plus banals - c'est son métier et elle le fait bien. Il suffit d'entendre les députés (même conservateurs!), les journalistes et autres ennemis de la classe ouvrière nous rappeler combien ils « appréciaient » Chartrand pour s'en convaincre.

Pour notre part, rappelons-nous que Michel Chartrand avait choisi son parti, celui du - attention le gros mot s'en vient - prolétariat. Le prolétariat en tant que classe opprimée, dont les droits sont niés, mais aussi, et surtout, le prolétariat en tant que classe révolutionnaire. Michel Chartrand se définissait parfois comme un « Indien à face blanche ». Cette image lui va effectivement très bien. Elle résume bien la position idéologique qu'il a pris dans la lutte des classes, dans le mouvement de l'histoire.

Chartrand était en guerre, en guerre contre les bourgeois, bien sûr, mais aussi contre l'ensemble des partis politiques, des intellectuels, bref, de l'élite. Il ne dénonçait pas les abus du pouvoir et du capitalisme, mais bien le pouvoir et le capitalisme dans sa totalité. Même la hiérarchie syndicale a été traitée sans complaisance par Chartrand. S'il était sans doute grandement admiré par la base militante, cette admiration n'était pas partagée - loin de là ! - par les porte-parole hiérarchiques de la classe ouvrière. En 1967, Marcel Pépin, alors président de la CSN, voit d'un très mauvais oeil le retour de cet « extrémiste » comme responsable de l'éducation et de la formation syndicale. Deux ans plus tard, c'est Louis Laberge, président de la FTQ, qui critique la nouvelle orientation « anarcho-révolutionnaire » prise par le Conseil central. Laberge soutient - en réponse à Chartrand et à ses appels à la solidarité anticapitaliste - qu'il n'est pas question que la FTQ soit à la remorque de « tout ce qui conteste, gueule, s'agite, marche, terrorise et détruit ces temps-ci au Québec ». On voit mal aujourd'hui la FTQ et son Fonds de solidarité, impliqué jusqu'aux oreilles dans le capital de risque et la finance, se mettre à brandir le drapeau de la lutte anticapitaliste…

En 1971, enfin libre après plusieurs mois de prison, Chartrand ne se gêne pas - encore une fois ! - pour critiquer vertement le mouvement syndical pour son manque de combativité quant aux mesures de guerre de Trudeau. Il en profite aussi pour dénoncer les « arrivistes » et les « opportunistes » présents dans le mouvement.

En théorie - nous disons bien: en théorie - Michel Chartrand devrait être impossible à récupérer. Les grosses têtes qui disent aujourd'hui l'admirer sont précisément les mêmes qu'il méprisait sans détour - et on compte parmi eux de nombreux nationalistes, les mêmes que Chartrand appelait des « nationaleux ». Seuls la gauche radicale est en droit de se réclamer de l'héritage de cet homme qui s'est opposé idéologiquement et parfois physiquement au pouvoir et à sa domination.

Et si, en guise d'hommage à Chartrand, on renversait ce gouvernement patronal et corrompu ? Ce serait un bon début...

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