user preferences

New Events

Afrique du Nord

no event posted in the last week

Entrevue avec un militant anarcho-communiste sur la Place de la Liberté au Caire

category afrique du nord | luttes dans la communauté | entrevue author Saturday February 05, 2011 02:01author by NEFAC International Secretary - North-Eastern Federation of Anarchist Communists Report this post to the editors

«L'obstacle le plus difficile pour les révolutionnaires égyptiens est la coupure des moyens de communication. Les révolutionnaires occidentaux doivent mettre la pression sur leur gouvernement pour empêcher le régime égyptien de le faire. Pour le moment, personne ne peut dire ce qu'il va arriver dans le long terme. Si la révolution est un succès, les révolutionnaires occidentaux devront faire preuve de solidarité avec leurs camarades égyptiens contre le risque d'agression des États-Unis et d'Israël. Si la révolution est vaincue, ce sera le massacre de tous les révolutionnaires égyptiens.»

[Castellano] [English] [العربية ]

Char de l'armée égyptienne et contestataires
Char de l'armée égyptienne et contestataires

Entrevue avec un anarcho-communiste sur la Place de la Liberté au Caire

Peux-tu s'il te plaît nous dire qui tu es et à quel mouvement tu appartient?

Je suis Nidal Tahrir de Black Flag, un petit groupe d'anarcho-communistes en Égypte.

Le monde regarde l'Égypte et est solidaire des événements. Cependant, à cause de la coupure du réseau Internet, les informations sont très dures à trouver. Peux-tu nous dire quels événements ont eu lieu la semaine passée en Égypte. À quoi ça ressemblait de ton point de vue?

La situation à cet est instant vraiment cruciale en Égypte. Cela avait commencé par une invitation à une journée de contestation contre le régime de Moubarak le 25 janvier. Personne ne s'attendait à une invitation pour une journée de contestation, de la part d'un groupe Facebook, pas vraiment organisée et appelée «Nous sommes tous Khalid Said» (Khalid Said était un jeune égyptien qui a été tué par la police de Moubarak l'été passé à Alexandrie), c'était le mardi où tout a commencé, l'étincelle qui a mis le feu à tout le reste. Ce mardi, il y a eu des grandes manifestations dans la rue de toutes les villes égyptiennes, le mercredi le massacre a commencé. Il a commencé lorsque se terminait le sit-in sur la place Tahir, très tard dans la nuit de mardi et a continué lors des jours suivants, spécialement à Suez. Suez a une valeur toute particulière au cœur des égyptiens. C'était le centre de la résistance contre les sionistes en 1956 et 1967, dans le même district. Suez a combattu les troupes de Sharon dans la guerre israélo-palestienne. La police de Moubarak a perpétré un massacre - 4 personnes ont été tuées, 100 blessées, avec des gaz lacrymogène, des balles en caoutchouc, des lances-flammes et une étrange substance jaune, peut-être du gaz moutarde, projeté des airs. Vendredi a été appelé le Jumu'ah de la rage - Jumu'ah est le nom arabe de vendredi. C'est la fin de semaine nationale en Égypte, dans beaucoup d'autres pays musulmans aussi. C'est un jour sacré de l'Islam parce les grandes prières ont lieu ce jour, appelées les prières de Jumu'ah. Il était planifié d'aller aux manifestations après les prières, à midi, mais la police a essayé d'arrêter ces marches avec toute sa puissance et sa violence. Il y a eu pas mal d'accrochages au Caire (dans le centre-ville, à Mattareyaf, dans l'Est du Caire), dans toute l'Égypte, spécialement à Suez, Alexandrie, Mahalla (dans le delta du Nil, un des centres des classes laborieuses). En plein soleil de midi, le peuple a marché au Caire en direction du centre-ville, pour se rendre à un sit-in sur la place Tahir, pour demander la fin du régime de Moubarak, en chantant le slogan «Le peuple demande la fin du régime». En fin d'après-midi, vers 17h, Moubarak a décrété un couvre-feu et a déployé l'armée dans les villes égyptiennes. Le couvre-feu a été suivi d'un plan orchestré par la police, pour laisser des criminels et voyous appelés Baltagayyah s'échapper. La police a orchestré l'évasion à grande échelle de criminels dans de nombreuses prisons égyptiennes afin d'effrayer le peuple en Égypte. Pas de police, plusieurs troupes armées incapable de contrôler les rues, les gens étaient effrayés. Cela a été suivie par une série de nouvelles sur la télévision égyptienne, les radio, les journaux à propos de pillages dans de nombreuses villes et de tirs sur des personnes. Les gens ont organisé des «comités populaires» pour sécurisé chaque rue. C'était bienvenu pour le régime qui voulait faire peur à la population avec l'instabilité du pays, mais c'est aussi grâce à ces troubles que nous avons pu commencer à construire les conseils ouvriers.

Depuis Mercredi, il y a eu des affrontements entre pro et anti-Moubarak. Est-ce que cela décrit correctement la réalité? Qui sont ces «supporters de Moubarak»? Quel impact ont eu ces affrontements sur l'attitude de classe laborieuse égyptienne?

C'est absolument faux de présenter ces affrontements comme des affrontements entre pro et anti-Moubarak. Les pro-Mubarak étaient constitués en majorité par des Baltagayyah et la police secrète, dans le but d'attaquer les contestataires sur la place Tahir. Cela a uniquement commencé après le discours de Moubarak hier, après celui d'Obama. Personnellement, je pense que Moubarak a sentit le ciel lui tomber sur la tête et son sang n'a fait qu'un tour. Il se sent comme Neron et veut brûler l'Égypte avant de la quitter, essayer de faire croire aux gens qu'il était un facteur de stabilité, de sûreté et de sécurité. Dans ce sens, il a réellement réussit à progresser - une sainte alliance nationale a été formée contre les Tahrites (les contestataires de la place Tahir) et la «commune de la place Tahir». Bon nombre de gens, spécialement ceux de la classe moyenne, ont affirmé qu'il fallait mettre fin aux manifestations à cause du risque de voir l'Égypte brûler, la famine commencer, mais évidemment tout cela n'est pas vrai - c'est largement exagéré. Chaque révolution a ses difficultés et Moubarak use de la peur et de la terreur pour rester plus longtemps au pouvoir. Personnellement, je dis que les contestataires prennent leurs responsabilités concernant la situation et que Moubarak doit partir, il le doit parce qu'il est dans l'incapacité de négocier dans la situation actuelle.

Que pense-tu qu'il va se passer la semaine prochaine? À quel point la position prise par les États-Unis affecte-t-elle la situation actuelle?

Personne ne peut prédire ce qu'il va se passer la semaine prochaine. Moubarak est un idiot têtu et les médias égyptiens font la plus grosse campagne médiatique de leur histoire pour discréditer les prochaines protestations prévue le vendredi 4 février. Nous appelons à une nouvelle marche d'un million de personne à Tahir, appelé le «Jumu'ah du salut». La position qu'a pris le gouvernement des États-Unis l'affecte plus que les manifestations. Moubarak est un traître, capable de tuer tout le peuple, mais il ne peut pas dire non à son maître.

Quel est la participation des anarchistes lutte-de-classiste? Qui sont vos alliés?

L'anarchisme en Égypte n'est pas un grand courant. On peut trouver quelques anarchistes mais pas encore de grand courant. Les anarchistes en Égypte ont joint les contestataires et les comités populaire pour défendre les rues des voyous. Les anarchistes égyptiens ont un certain espoir dans ces conseils. Les alliés des anarchistes en Égypte sont les marxistes, évidemment. Nous avons actuellement un débat idéologique - toute la gauche appelle à l'unité et ensuite argumente sur tout. Les anarchistes en Égypte sont une part de la gauche égyptienne.

Quelles formes de solidarité peut-on construire entre les révolutionnaires en Égypte et les révolutionnaire de "l'occident"? Que peuvent-ils faire immédiatement et à long terme?

L'obstacle le plus difficile pour les révolutionnaires égyptiens est la coupure des moyens de communication. Les révolutionnaires occidentaux doivent mettre la pression sur leur gouvernement pour empêcher le régime égyptien de le faire. Pour le moment, personne ne peut dire ce qu'il va arriver dans le long terme. Si la révolution est un succès, les révolutionnaires occidentaux devront faire preuve de solidarité avec leurs camarades égyptiens contre le risque d'agression des États-Unis et d'Israël. Si la révolution est vaincue, ce sera le massacre de tous les révolutionnaires égyptiens.

Quelles seront les principales tâches, une fois que Moubarak sera parti? Y a-t-il déjà des planifications au niveau de la rue? Que proposent les révolutionnaires anti-capitalistes?

Les principales tâches actuelles, si on parle des demandes de la rue, sont une nouvelle constitution, un gouvernement provisoire et des nouvelles élections. Il y a beaucoup de planification à ce sujet par de nombreux courants politiques, en particuliers les Frères Musulmans. Les révolutionnaires anti-capitalistes ne sont pas très nombreux au Caire - les communistes, la gauche démocratiques et les trotskystes ont revendiqués les mêmes choses concernant la constitution et de nouvelles élections, mais pour nous en tant qu'anarchistes -- anti-capitalistes et anti-étatique aussi -- nous allons essayer de faire en sorte que les comités qui ont été formés pour protéger et sécuriser les rues, deviennent plus fort et de les transformer par la suite en véritables conseils populaires.

Que veux-tu dire aux révolutionnaires à l'étranger?

Cher.ère.s camarades du monde entier, nous avons besoin de votre solidarité, d'une large campagne de solidarité et la révolution égyptienne gagnera!

Audio Interview: http://electricrnb.podomatic.com/entry/2011-02-03T00_56_54-08_00?x

Interview edited by http://www.anarkismo.net

Interview traduit de l'anglais au français par L'Organisation socialiste libertaire

This page can be viewed in
English Italiano Deutsch

Afrique du Nord | Luttes dans la communauté | fr

Wed 26 Nov, 12:04

browse text browse image

r02.jpg imageDéclaration finale de la rencontre internationale 17:32 Fri 14 Oct by Rencontre internationale de luttes en Tunisie 0 comments

Nous, étudiants, travailleurs précaires, chômeurs, activistes et militants d’Europe et d’Afrique du Nord, nous sommes rencontrés en Tunisie au meeting transnational “Réseau de luttes ” du 29 septembre au 2 octobre 2011. [Italiano]

0129_egip2_ml.jpg imageTunisie, Egypte, Algérie, Jordanie, Yémen… 05:37 Sun 30 Jan by Secrétariat international 1 comments

La vague de contestation née à Sidi Bouzid le 17 décembre ne cesse de grossir. Provoquée par le geste de désespoir de Mohamed Bouazizi, elle redonne l’espoir d’un monde meilleur à des millions de personnes dans un nombre croissant de pays arabes. Après les émeutes en Algérie et en Libye en début de mois, ce sont maintenant l’Égypte, la Jordanie et le Yémen qui connaissent à leur tour des mouvements sociaux d’ampleur. Ce n’est pas étonnant, car au-delà des particularités propres à chaque pays, ils partagent des caractéristiques fondamentales : la pauvreté d’une majorité de la population, lourdement aggravée par la crise, et des régimes autoritaires plus ou moins brutaux qui ont toujours accaparé les richesses. [English] [Ελληνικά] [Italiano]

imageMaroc: «Makhzen dégage!», où en est-on? Apr 05 by Ghassan El Primo et Marouane Taharouri 0 comments

La contestation engagée depuis un an a connu des hauts et des bas, avec une répression toujours d’actualité. Face à des institutions royales bloquées, l’opposition de rue persiste, avec un renouveau féministe et l’apparition d’un courant libertaire.

imageDéclaration finale de la rencontre internationale Oct 14 0 comments

Nous, étudiants, travailleurs précaires, chômeurs, activistes et militants d’Europe et d’Afrique du Nord, nous sommes rencontrés en Tunisie au meeting transnational “Réseau de luttes ” du 29 septembre au 2 octobre 2011. [Italiano]

imageTunisie, Egypte, Algérie, Jordanie, Yémen… Jan 30 Alternative libertaire 1 comments

La vague de contestation née à Sidi Bouzid le 17 décembre ne cesse de grossir. Provoquée par le geste de désespoir de Mohamed Bouazizi, elle redonne l’espoir d’un monde meilleur à des millions de personnes dans un nombre croissant de pays arabes. Après les émeutes en Algérie et en Libye en début de mois, ce sont maintenant l’Égypte, la Jordanie et le Yémen qui connaissent à leur tour des mouvements sociaux d’ampleur. Ce n’est pas étonnant, car au-delà des particularités propres à chaque pays, ils partagent des caractéristiques fondamentales : la pauvreté d’une majorité de la population, lourdement aggravée par la crise, et des régimes autoritaires plus ou moins brutaux qui ont toujours accaparé les richesses. [English] [Ελληνικά] [Italiano]

© 2005-2014 Anarkismo.net. Unless otherwise stated by the author, all content is free for non-commercial reuse, reprint, and rebroadcast, on the net and elsewhere. Opinions are those of the contributors and are not necessarily endorsed by Anarkismo.net. [ Disclaimer | Privacy ]