Benutzereinstellungen

Neue Veranstaltungshinweise

Afrique de l'Est

Es wurden keine neuen Veranstaltungshinweise in der letzten Woche veröffentlicht

Kommende Veranstaltungen

Afrique de l'Est | Impérialisme / Guerre

Keine kommenden Veranstaltungen veröffentlicht

Mayotte: Promesses de guérilla rurale

category afrique de l'est | impérialisme / guerre | opinion / analyse author Samstag April 07, 2012 00:19author by Lionel et Tibo - Indigné-e-s à Mayotte Report this post to the editors

À la suite du mouvement social qu’a connu Mayotte à l’automne dernier, voici un retour sous l’angle de la création propre aux Mahoraises et aux Mahorais de leur histoire de lutte. La nouveauté et l’ampleur de la contestation sur l’île en font un laboratoire intéressant sur l’expérience de luttes que peut se faire un peuple.
mayotte.jpg

Il ne faut tout d’abord pas oublier que cette colonie n’a connu que peu de grèves et qu’elles ne duraient jamais aussi longtemps, pas plus de deux ou trois jours en moyenne. Mais ne nous y trompons pas, le mouvement contre la vie chère à Mayotte s’apparentait plus aux émeutes contre la faim qu’à un mouvement anticapitaliste ou anticolonialiste. Les revendications de l’intersyndicale portaient sur la baisse des prix des produits de première nécessité et non sur la sortie de ce système macabre. Pour ce qui est de l’autodétermination du peuple mahorais, le mot d’ordre était plutôt la réclamation des mêmes droits que les autres Français.

Le contexte politique mahorais

Il est parfois difficile pour des Européens de comprendre les codes culturels, sociaux et politiques qui constituent le contexte de ce mouvement. Les syndicats locaux ressemblent plus aux syndicats français des années 60. Par exemple la CFDT, célèbre pour ses compromissions en France, a ici été un des acteurs majeurs du mouvement ! Ensuite les luttes menées en Europe n’ont pas eu d’impact direct sur cette île éloignée géographiquement et culturellement. L’absence de partis politiques contestataires restreint « l’opposition reconnue » à l’intersyndicale. Il y a quelque partis nationaux : UMP, MODEM et PS, ainsi qu’un parti local, le MDM (Mouvement départementaliste mahorais) soutenu par l’extrême droite française et les royalistes.

Pour nous libertaires, certaines attitudes des manifestants peuvent choquer : la prière commune ainsi que le chant de la Marseillaise devant le drapeau tricolore avant chaque départ en cortège, les discours opportunistes des politiciens, le respect pour « les chefs » de l’intersyndicale et le peu de parole laissé à la base… On peut aussi déplorer les visées électoralistes de certains leaders syndicaux. Une fois de plus, les journaux locaux ont servi ouvertement de mégaphone aux autorités (à l’exception d’Upanga), certains stagiaires de la préfecture étant parfois inclus dans les équipes journalistiques.

Une base forte

C’est «la base» qui, une fois de plus, suscite un intérêt, promulguant d’autres revendications, comme sur certaines banderoles : «stop à l’apartheid, nous ne sommes pas des sous-Français, c’est le colonialisme qu’il faut vaincre…»

Cette grève a permis de faire ressortir un mal-être refoulé par les habitantes et habitants de Mayotte, muselé-e-s depuis des décennies par la promesse d’une départementalisation s’ils étaient bien sages!

C’est surtout dans les faits que l’on peut souligner des choses intéressantes. Au niveau de la fréquentation tout d’abord, puisqu’on a compté jusqu’à 12 000 personnes réunies le 14 octobre, sur une population totale de 200 000 habitants, ce qui est plus que respectable ! Les sans-papiers et les migrants en général ont été très présents tout au long des manifs. Cette exposition consciente à la double peine marque à quel point ces personnes sont prêtes à tout perdre tant leur situation est inacceptable. Les expatrié-e-s blancs n’ont été que peu nombreux, pour diverses raisons, notamment leurs salaires beaucoup plus élevés que les locaux mais aussi les peurs suscitées par le mouvement, réveillant parfois des sentiments coloniaux introvertis sans nul doute liés à la faible attention portée à l’histoire coloniale de la société française.

De nombreux succès

Les grévistes ont excellé sur le terrain de la guérilla rurale. Elle a été particulièrement efficace pour bloquer les voies d’accès au port de Longoni, poumon économique de l’île fortement dépendante de l’import. On a pu voir des blocages sur les quelques routes de l’île avec des carcasses de voitures ou des poubelles en feu. Les barrages avec des arbres en travers de la route réapparaissaient un peu plus loin sitôt dégagés. Les locaux avaient un avantage net sur les gendarmes mobiles réunionnais et métropolitains – jusqu’à cinq compagnies déployées – connaissant peu le terrain et ne pouvant se mouvoir comme à leur habitude car il y a peu de routes. Il y a eu de nombreuses victoires avec notamment plusieurs gendarmes mobiles contraints de s’enfuir en courant face aux jeunes de Dzoumonié, qui récupéraient le matériel répressif (gants de sécurité, lacrymo). Ou encore cette nuit ou une dizaine de jeunes grévistes armés de bâtons ont assailli l’hôtel de Trévani où résidaient les gendarmes mobiles, surpris et désorganisés, les forces de l’ordre n’ayant eu d’autres alternatives que de fuir par la plage. Même le préfet a été caillassé dans sa voiture suite à une de ses interventions médiatiques. Qui n’en a jamais rêvé?

Un mouvement violent?

Ce mouvement a souvent été qualifié de violent par les expatriés blancs. C’est sûr que par rapport aux codes de bienséance judéo-chrétienne et à l’acceptation de l’hypocrisie journalistique sur toute contestation, il y a de quoi dire ! Mais il faut imaginer ce à quoi les mahoraises et mahorais peuvent faire référence. Ils ont d’abord connu la carotte et la départementalisation, puis, au premier gros rassemblement, les flashball (un mort et plusieurs mineurs touchés au visage), lacrymos et blindés antiémeute au deuxième jour… N’ont-ils pas fait preuve de légitime défense face à cette république bananière ? Compte tenu des références qu’ils connaissent depuis plus d’un siècle de colonialisme, n’est-ce pas une réponse adaptée à tant de mépris ? Ce qui a beaucoup surpris l’Etat, c’est cette démonstration qu’il n’a pas le monopole de la violence acceptable, rappel qu’il n’a pas eu depuis longtemps de manière si intense.

Pour résumer, forces de l’ordre qui reculent devant les manifestants, forte mobilisation tant dans la durée (43 jours) qu’en nombre, outils du capital incendiés, pillés ou bloqués. Ne serait-ce pas à nous, européennes et européens, avec nos siècles d’expérience de lutte, de nous inspirer de cet exemple ? Désormais, c’est le sabotage qui fait une entrée remarquée avec les grévistes de la compagnie d’électricité de Mayotte qui ont coupé le courant pendant au moins deux heures tous les jours durant la semaine des fêtes de fin d’année (notamment à 20 heures le 24 et le 31 décembre). Tant d’agitation avec un mépris du qu’en dira-t-on médiatique n’est pas sans rappeler les luttes syndicales du début du XIXe siècle en France.

Quelles évolutions?

La grève a permis d’aboutir à des situations qui feraient rêver beaucoup d’anticapitalistes français : deux semaines sans argent dans les distributeurs automatiques et les banques fermées (plus d’argent liquide), aucun grand magasin ouvert pendant cinq semaines à l’exception de quelques jours, ceci entraînant un retour imposé à la consommation de l’agriculture locale, à l’entraide entre voisins avec partage des ressources et au développement de la solidarité. La question de l’autosuffisance alimentaire a été remise à l’ordre du jour, alors que Mayotte s’alimente essentiellement grâce à l’import.

Depuis avril 2011, la désillusion progressive face au mythe d’une départementalisation salvatrice de tous les maux promet de belles perspectives de lutte sur Mayotte. Espérons que l’anticolonialisme et l’anticapitalisme seront au programme.

Lionel et Tibo
Mayotte

Verwandter Link: http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article4745
This page can be viewed in
English Italiano Deutsch
George Floyd: one death too many in the “land of the free”

Afrique de l'Est | Impérialisme / Guerre | fr

Do 29 Okt, 18:56

browse text browse image

mayotte.jpg imageHalte à la répression coloniale de l’Etat français à Mayotte 00:46 Fr 28 Okt by Alternative Libertaire 0 comments

Le mouvement social à Mayotte (archipel des Comores) revendique la baisse des prix des produits de première nécessité. Face aux revendications du peuple mahorais, l’État français a répondu par la violence. Le mercredi 19 octobre, un manifestant est mort après avoir reçu un tir de flash Ball et un enfant de 9 ans a été grièvement blessé.

imageMayotte: Le colonialisme français tue toujours Dez 23 by Tibo 0 comments

La situation de Mayotte reste marquée par le colonialisme français, une situation qui risque bien de durer, du fait du renouveau des intérêts économiques que représente la région pour la France et ses multinationales.

imageMayotte: Quand la liberté et l’humanité font naufrage… Mai 14 by Thibaut Lemière 0 comments

«Je fais la navette entre Anjouan [Île de l’archipel des Comores] et Mayotte depuis 2003. J’ai ma famille là-bas [Mayotte] et c’est là-bas que j’ai construit ma vie. A chaque fois je suis reconduit et à chaque fois j’y retourne. C’est dire que ce n’est pas ma dernière traversée!».

Ainsi s’exprimait Fayad Halidi, l’un des rescapés du naufrage d’une embarcation de migrants, le 16 janvier dernier sur les côtes nord de Mayotte [1]. Un drame qui a fait plus de douze morts et disparus dont un nourrisson. Douze jours plus tard, un nouveau naufrage de kwassa-kwassa [2] faisait cinq morts et des dizaines de disparus. Ces drames s’ajoutent à la trop longue liste de victimes dans ce bras de mer qui sépare le tout nouveau 101e département français des trois îles voisines de l’archipel des Comores.

imageAccaparement des terres: Le néocolonialisme agraire spolie l’Afrique Mai 11 by Alternative Libertaire 0 comments

Des États, des industries et des investisseurs s’approprient des terres en Afrique et ailleurs pour récupérer à leur compte leur production agricole. Alors que des régions entières souffrent de sous alimentation, ces tractations précarisent encore davantage les populations locales avec la complicité des États nationaux.

imageMayotte: Une poudrière sociale Jan 04 by Tibo 0 comments

Depuis le 27 septembre, Mayotte, quatrième île de l’archipel des Comores, est secouée par un mouvement social sans précédent tant par sa durée que par son intensité et sa détermination. Voici quelques clefs pour comprendre la situation mahoraise, véritable poudrière sociale…

Face au mouvement social qui secoue Mayotte, qui dure depuis plus de 45 jours et qui laissera des marques profondes dans le paysage mahorais, on peut se demander : comment en est-on arrivé là? Y avait-il des signes précurseurs de cette contestation historique dans cette île encore sous la domination coloniale française?

imageHalte à la répression coloniale de l’Etat français à Mayotte Okt 28 0 comments

Le mouvement social à Mayotte (archipel des Comores) revendique la baisse des prix des produits de première nécessité. Face aux revendications du peuple mahorais, l’État français a répondu par la violence. Le mercredi 19 octobre, un manifestant est mort après avoir reçu un tir de flash Ball et un enfant de 9 ans a été grièvement blessé.

© 2005-2020 Anarkismo.net. Unless otherwise stated by the author, all content is free for non-commercial reuse, reprint, and rebroadcast, on the net and elsewhere. Opinions are those of the contributors and are not necessarily endorsed by Anarkismo.net. [ Disclaimer | Privacy ]