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Référendum d’initiative populaire et bataille pour le territoire en Colombie: Cajamarca (département du Tolima)

category vénézuela / colombie | environnement | opinion / analyse author domenica agosto 27, 2017 10:13author by José Antonio Gutiérrez D. Segnalare questo messaggio alla redazione

Traduit par Claude Bourguignon Rougier. Edité par Fausto Giudice.

Le référendum a eu lieu. Santos ayant refusé de le reconnaître et poursuivant sa politique économique de prédation, il est probable que le prochain référendum se fera dans la rue et sur le territoire du Tolima.

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Référendum d’initiative populaire et bataille pour le territoire en Colombie: Cajamarca (département du Tolima)

Le dimanche 26 mars 2017 a eu lieu à Cajamarca un plébiscite très attendu : les habitants devaient se prononcer sur l’exploitation de la mine d’or de la Colosa qui se trouve sur leur commune. Les 6241 personnes concernées sont allées voter pour répondre à une question sans ambiguïté : êtes-vous d’accord avec le projet d’extraction d’or à Cajamarca et les activités qui lui seront liées ? Oui ou non ?

Le résultat fut sans appel : 98 % des votants ont répondu non et seulement 78 personnes oui. Cajamarca a fêté l’événement. Mais celui-ci ne tombait pas du ciel : ce qui s’est passé le 26 mars était l’aboutissement de plusieurs années de travail. Il y a eu un investissement sans failles, de la part du Comité Environnemental et Paysan de Cajamarca, des organisations sociales de tous bords, des organismes étudiants, des collectifs de jeunes, des syndicats paysans et bien sur, du Comité Organisateur de la Consultation Populaire sur les activités minières à Cajamarca. Pendant des années, ils ont sensibilisé la population à la question, avec des conférences, des campagnes de porte à porte, la distribution de graphiques et autres documents décrivant les impacts de l’extraction minière à grande échelle. Sans oublier les marches pour l’eau, la vie et contre les mines, qui ont eu lieu chaque année lors du festival de musique d’Ibagué et qui ont été massivement suivies. N’oublions pas non plus Piedras, qui a donné l’exemple, le 28 juillet 2013, avec 99 % de non au projet minier lors du référendum qui y fut organisé.

Cet activisme a eu un coût : répression, menaces et poursuites. Mais avec courage, obstination, évitant les divers obstacles administratifs rencontrés sur leur chemin, les organisations sociales sont arrivées à mener à bien un référendum grâce auquel le village a exprimé clairement sa volonté.

Je ne reviendrai pas ici sur les effets néfastes du projet minier pour l’environnement, les communautés, et la vocation agricole de Cajamarca ; j’ai déjà abondamment parlé de la question en d’autres occasions. Le Tolima est le moteur de « la locomotive minière » gouvernementale [1] : 713 permis d’exploitation ont été délivrés en novembre 2013, ce qui veut dire que 404 602 des 2 356 200 hectares de ce département ont été cédés à l’industrie extractive. Dans la mesure où 441 permis supplémentaires ont été délivrés depuis, on peut considérer que 526 107.2 hectares de plus seront consacrées à l’extraction minière à grande échelle. La menace ne concerne pas seulement les zones rurales les plus reculées. Elle plane sur la commune elle-même. La Colosa est donc l’épicentre de ce tremblement de terre minier, qui n’affecte pas seulement les populations habitant les zones d’extraction, mais aussi les communes où partiront les déchets et où se réaliseront les activités de lessivage (celle de Piedras), ainsi que le sud du Tolima, où l’on prévoit d’installer une série d’usines hydroélectriques destinées à fournir l’énorme quantité d’électricité nécessaire à la multinationale qui est derrière le projet, Anglo Gold Ashanti. Cette multinationale a accaparé 60% de la commune de Cajamarca, avec des concessions de 30 440 hectares et 21 permis miniers, bien qu’elle n’ait pas obtenu l’autorisation d’exploiter la Colosa par les organismes chargés de la gestion de l’environnement.

Le village de Cajamarca, en s’attaquant à ce projet pharaonique, a frappé le plan minier en plein cœur. Mais le gouvernement, fidèle à ses réflexes autistes, a dit qu’il ne tiendrait pas compte de l’opinion du village. Rien d’étonnant à cela. L’histoire montre qu’il a toujours été enclin à trahir ceux d’en bas, et à servir ceux d’en haut, car hommes politiques et chefs d’entreprises ont des intérêts liés. Le cas Odebrecht n’est jamais que la partie émergée de l’iceberg. Ils continueront à tout faire pour que l’industrie extractiviste se développe, même s’il faut pour cela empoisonner la moitié du pays.

Le ministre des Mines, Germán Arce Zapata, a déjà déclaré publiquement que le référendum n’était pas contraignant ; en disant cela, il se fait l’écho d’Anglo Gold Ashanti dont il devient le porteparole. Pourtant, comme l’a montré l´ ONG De justicia, de tels propos sont faux, car le référendum, qui a réuni bien plus de monde que ne l’exigeait la loi, est contraignant. Rappelons à ce sujet qu’en mai 2016, la Cour Constitutionnelle avait annulé la disposition légale qui empêchait les entités locales de s’opposer à des projets miniers sur leur territoire (article 37 de la loi 685 de 2001). Mais, comme toujours, lorsque le peuple exprime des intérêts qui entrent en contradiction avec ceux de notre oligarchie dorée, la démocratie devient une formule creuse.

Cette démocratie morte, oligarchique, truquée, qui permet aux plus riches de s’enrichir encore plus et qui préserve les intérêts des groupes au pouvoir depuis toujours, doit affronter la poussée d’un mouvement démocratique construit à partir d’en bas. Ce mouvement participatif, inclusif, véritablement populaire, s’exprime dans les nombreux conflits environnementaux qu’il y a actuellement en Colombie.

Le tissu social du futur se construit à partir du quartier, de la rue, de la campagne, du monde du travail et son axe, c’est le territoire et la commune. Le mouvement populaire de Cajamarca nous prouve que d’autres formes de démocratie sont possibles même si les puissants ne veulent pas les prendre en compte.

Le référendum a eu lieu. Santos ayant refusé de le reconnaître et poursuivant sa politique économique de prédation, il est probable que le prochain référendum se fera dans la rue et sur le territoire du Tolima. Les Tolimenses auront un autre motif d’action : la nécessité de défendre leur vie de façon collective.

Voilà le processus à travers lequel se construit le pouvoir populaire. Le peuple de Cajamarca a déjà parlé et agi en conséquence. Il a envoyé un message clair à Anglo Gold Ashanti et à la Locomotive minière de Santos :

¡ No pasarán !

José Antonio Gutiérrez D.
28 Mars, 2017


[1] Santos qualifie l’activité minière des multinationales de « locomotive de l’économie colombienne ».

Link esterno: http://tlaxcala-int.org/article.asp?reference=21252
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