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En Allemagne et ailleurs, la répression ne nous fera pas taire !

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category pays-bas / allemagne / autriche | répression / prisonniers et prisonnières | article de fond author Thursday August 31, 2017 19:11author by Relations Internationales - Coordination des Groupes Anarchistes Report this post to the editors

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Communiqué de la Coordination des Groupes Anarchistes, organisation membre du réseau Anarkismo, à propos de l'interdiction du site de langue allemande Linksunten Indymedia et de son logo ainsi que les perquisitions qui ont suivi.

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Le principal site d'information alternatif et anti-autoritaire d’Allemagne, linksunten.indymedia.org, a été interdit le 25 août 2017 par le ministre de l'intérieur allemand Thomas de Maizière. L’exploitation du site et l’utilisation de son logo sont désormais considérées comme des infractions pénales. Au moins 5 lieux de vie et d’organisation de la scène activiste allemande ont été perquisitionnés, dont le centre social autogéré Kulturtreff in Selbstverwaltung (KTS) à Fribourg. Beaucoup de matériel militant et/ou informatique a été saisi et tout ce qui ressemblait de près ou de loin à une possible arme (couteaux, bâtons, tuyaux…) est désormais présenté comme une preuve irréfutable de la dangerosité de l’extrême-gauche.

Lancé en 2008 et permettant à celles et ceux qui le souhaitent de publier de façon anonyme, linksunten.indymedia.org est rapidement devenu le principal espace virtuel d’organisation et d’information pour toute la scène radicale de gauche en langue allemande. Ces derniers temps, le site comptait environ 500 000 visiteur-ses par mois et avait même atteint près de 3 millions de visiteur-ses le mois dernier, à l’occasion des protestations contre le G20 à Hambourg.
Il s’agit vraisemblablement d’un coup de force destiné à combler les franges les plus conservatrices de l’électorat allemand, en prévision des élections fédérales qui se dérouleront dans un mois. Même certains comptes liés à la police allemande contestaient hier sur les réseaux sociaux la fermeture d’une plateforme « importante […] pour observer la scène gauchiste » (sic).

Ce qui est plus inquiétant sur le plan juridique, c’est que le site n’est pas attaqué en tant que source d’informations mais bien comme un groupement solidaire (un « club »), ce qui permet de juger toutes les personnes en charge du site comme juridiquement responsables de tout ce qui y a été publié. Selon les informations qui nous sont parvenues, au moins une personne aurait déjà été arrêtée et les responsables du site seraient à présent considéré-e-s comme membres d’une association terroriste.

Une nouvelle étape dans la répression de nos activités et nos idées en Europe vient d’être franchie. Les derniers faits similaires remontent à 1995, en Allemagne, quand le pouvoir central avait fait interdire le journal « Radikal », provoquant de nombreuses manifestations de soutien dans le pays, notamment à Hambourg. En France, si certains groupes de musique (La Rumeur, ZEP) ont pu être inquiétés pour certaines de leurs paroles ou si certains sites d’informations libertaires (Jura Libertaire, Indymedia Grenoble) ont été menacés pour les écrits qu’ils hébergeaient, il n’y a jamais eu de fermeture et de répression aussi brutale d’un site d’informations alternatif. Cette attaque en règle contre une plateforme d’informations radicale et anti-autoritaire nous rappelle à quel point nos outils de communication sont plus que jamais à défendre contre l'oppression de l'État.

En Allemagne comme partout en Europe, la complaisance envers les partis et groupuscules d'extrême droite et la reprise d’une large part de leurs idées ne suffit plus aux gouvernements libéraux. Ils s'attaquent désormais aux moyens d'expression des personnes en luttes et répriment les militant-e-s anarchistes, anti-fascistes, anti-racistes, féministes, syndicaux-les et LGBTQI. Le parti conservateur CDU ne s'arrête d’ailleurs pas là dans sa vengeance contre les manifestations anti-G20 puisqu’il réclame la fermeture du centre culturel alternatif Rote Flora, à Hambourg.

Contre la répression étatique et les atteintes à la liberté d’expression, il n'y a rien à attendre des gouvernements et des États ! Dans toute l'Europe et partout dans le monde, résistons, défendons nos outils d’informations et de luttes, exprimons-nous, organisons-nous et luttons tou-te-s ensemble pour abattre le capitalisme, le patriarcat, le système de domination raciste et l’État !

Relations Internationales de la Coordination des Groupes Anarchistes, le 26 août 2017
Ps. Le 26 août 2017, le site affichait, en allemand et en anglais, un message plein de défi aux « gouvernements du monde Industriel » basé sur des extraits de la « Déclaration d’Indépendance du CyberEspace ». « Nous reviendrons bientôt » et « nous allons nous répandre sur toute la planète, de façon à ce que personne ne puisse arrêter nos idées » : gouvernants, vous n’en aurez jamais fini avec nous !

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Employees at the Zarfati Garage in Mishur Adumim vote to strike on July 22, 2014. (Photo courtesy of Ma’an workers union)
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