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Trafiquées pour être exploitées

category amérique centrale / caraïbes | migration / racisme | presse non anarchiste author Wednesday August 05, 2009 04:30author by Amos cincir - Le nouvelliste Report this post to the editors

Le nombre d'Haïtiens trafiqués vers la République dominicaine est passé, entre 2005 et 2008 de 3 000 à 42 000
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Le nombre d'Haïtiens trafiqués vers la République Dominicaine est passé, entre 2005 et 2008 de 3 000 à 42 000, selon un rapport du Groupe d'Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR). Des victimes féminines racontent leur calvaire.

Agée de 28 ans, Chantal Joseph, originaire de Lascahobas, a été récemment violée par 15 individus lors d'un voyage irrégulier en République dominicaine. Ayant subi d'autres violences corporelles, elle raconte que le passeur qui la conduisait illégalement en république voisine s'était arrangé avec d'autres hommes pour commettre ce viol et l'avait enfermée, peu après, dans une maison où il faisait d'elle son esclave sexuelle.

« Après la mort de mon mari, je ne savais à quel saint me vouer pour payer l'écolage de mes deux progénitures. Tout à coup, un homme m'a promis de m'aider en me facilitant la tâche de me rendre en République Dominicaine, en quête de mieux-être », a raconté Chantal.

La jeune femme a affirmé que, durant le voyage, à Belladère, 15 hommes sont montés à bord du véhicule dans lequel elle se trouvait. « Arrivé dans un champ, le passeur nous a demandés de descendre pour pouvoir mieux tromper la vigilance des autorités dominicaines. Et il eut à me dire que si je refusais de coucher avec lui, je n'arriverais pas à destination. Face à cette situation, j'ai dû céder. Après lui, un autre arriva et m'a violée. Et plusieurs autres aussi. Au moment où j'ai commencé à me plaindre disant que je n'en pouvais plus, l'un d'eux m'a violemment frappée et a déchiré mes vêtements », a témoigné, les larmes aux yeux, Chantal Joseph.

Chantal est loin d'être la seule à vivre un tel drame. Beaucoup de jeunes filles et de jeunes femmes aussi pauvres qu'elle ont connu des moments de tourment, de torture, de traitement inhumain et honteux dans leur quête d'une vie meilleure : Yvonia Joseph, Dadoune Guerrier, Roselène Jeudy, etc.

Yvonia Joseph, 29 ans, a aussi expliqué son calvaire: « En traversant la frontière en compagnie d'un trafiquant, celui-ci s'est emparé de l'argent qui se trouvait dans mon sac. Puis, il s'est jeté sur moi, a déchiré mes vêtements, m'a violée et m'a laissée dans un buisson. Peu de temps après, trois Dominicains sont arrivés, ils m'ont frappée et m'ont violée rageusement à leur tour.»

C'est quoi le trafic humain?

Le trafic humain repose sur la traite de personnes et sur leur exploitation par des criminels, dans le but d'en tirer un profit financier. Il faut dire que la traite des personnes est un fléau mondial qui contribue grandement à fragiliser les Etats, même les plus développés, car les réseaux du crime organisé sont puissants et disposent de grands moyens financiers et technologiques.

Les victimes sont trafiquées contre leur gré - elles sont trompées, leurrées par de fausses promesses ou encore forcées. Les trafiquants violent les droits humains fondamentaux de leurs victimes, qui sont dépourvues de leur droits de libre-circulation, d'auto-décision, de contrôle sur leur corps, de contrôle sur leur avenir.

Il ne faut pas confondre ce type de trafic avec la contrebande. Un contrebandier facilitera l'entrée illégale d'individus dans un pays contre une rétribution. Ceci dit, les personnes ainsi transférées sont libres à leur destination, alors que la victime trafiquée est soumise à l'esclavage.

Après le trafic de la drogue et le commerce des armes illégales, les activités de la traite et le trafic humain viennent en troisième position, selon un rappport publié en 2005 par l'Organisation des Etats Américains (OEA).

Des chiffres avancés par le Bureau International du Travail (BIT) montre que près de 12.3 millions de personnes dans le monde sont victimes de travaux forcés, par dette et servitude sexuelle. La traite des personnes est une activité très lucrative, elle génère environ 220 milliards de dollars américains par an.

D'après le responsable de la section des Droits humains et migration au Groupe d'Appui aux Rapatriés et aux réfugiés (GARR), Patrick Camille, plus de 42 000 Haïtiens ont été recensés sur la frontière haitiano-dominicaine en 2008 en ce qui concerne le trafic humain. Il a, du même coup, précisé qu'il est difficile d'avoir des chiffres précis sur la traite des personnes, dans la mesure où les victimes de l'exploitation sexuelle ou de travaux forcés, par honte ou par peur d'être stigmatisées dans leur entourage, préfèrent rester dans l'ombre. « Au GARR, nous apportons l'appui psychologique et l'appui social aux femmes victimes de la traite particulièrement de viol et d'autres sévices corporels et mentaux», a lancé M. Camille.

A l'heure actuelle, plus de 150 femmes qui ont été utilisées à des fins sexuelles et autres bénéficient de l'accompagnement du GARR à Lascahobas, à travers un projet de réinsertion tant sur le plan social, économique que sur le plan pyschologique, a fait remarquer le spécialiste en Droits humain et en migration.

Prévenir, réprimer et punir la traite des personnes

Bien que des plaidoyers soient faits contre ce phénomène mondial, il n'existe encore aucun cadre légal sur la traite et le trafic humain en Haïti. Sauf que l'Etat haïtien s'est engagé sur le plan international en vue de lutter contre ce fléau mondial. Pour ce faire, le Parlement haïtien a, au cours du mois de mars 2009, ratififié à l'unanimité la convention des Nations unies sur le crime transnational organisé, (« Convention de Palerme »), et trois protocoles additionnels. Ces protocoles additionnels visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, dont les femmes et les enfants en sont les principales victimes, constitue un pas important pour mieux aborder les questions relatives à ce phénomène.

Dans le cadre d'un projet de renforcement de la capacité d'intervention sur la lutte contre la traite des personnes mis en oeuvre par le gouvernement haïtien en partenariat avec l'Organisation internationale pour la migration (OIM) et la coopération canadienne, près de 65 policiers et policières viennent de recevoir une formation sur les problèmes liés au trafic humain en Haïti. Ils auront pour tâche de former d'autres policiers afin qu'ils puissent mieux accomplir leur mission en aidant les citoyens victimes du trafic humain.

Selon l'inspecteur général de la Police nationale d'Haïti, Jean Miguelite Maxime, la PNH, en collaboration avec l'Organisation internationale de la migration, forme ces policiers afin qu'ils soient sensibilisés au phénomène de la traite des personnes qui affecte toutes les sociétés, et dont les femmes et les enfants sont les principales victimes. « Toutes les nouvelles promotions de la PNH recevront une formation sur la question parce que c'est un sujet qui nous tient à coeur », a-t-il souligné.

Malgré les interventions faites par différents organismes nationaux et internationaux, beaucoup de femmes et d'enfants victimes de l'esclavage sexuel et de la maltraitance physique et morale attendent patiemment qu'on vienne à leurs secours. Ils attendent des actions urgentes des dirigeants nationaux. Les autorités doivent, en ce sens, redoubler d'efforts afin de mieux gérer la question migratoire.

Amos Cincir

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