user preferences

Paris: Une semaine de révolte contre l'injustice sociale

category france / belgique / luxembourg | luttes dans la communauté | article de fond author Monday November 07, 2005 19:12author by Alternative Libertaire - ALauthor email al-info at alternativelibertaire dot orgauthor address Alternative libertaire BP 295 75921 Paris Cedex 19author phone 08-70-23-19-36 Report this post to the editors

Communiqué de Alternative Libertaire sur les évents à Paris

En une semaine, les émeutes initiées à Clichy-sous-Bois par la mort de Ziad et Banou se sont propagées à d’autres villes de banlieue parisienne puis finalement à tout l’hexagone. C’est le résultat inévitable d'au moins cinq années de sarko-show, huit années de durcissement sécuritaire et plus de trente années de dégradation sociale.

[English] [Italiano] [Castellano] [Português] [Ellenika]

Communiqué de Alternative Libertaire sur les évents à Paris


Une semaine de révolte contre l'injustice sociale

En une semaine, les émeutes initiées à Clichy-sous-Bois par la mort de Ziad et Banou se sont propagées à d’autres villes de banlieue parisienne puis finalement à tout l’hexagone. C’est le résultat inévitable d'au moins cinq années de sarko-show, huit années de durcissement sécuritaire et plus de trente années de dégradation sociale.

Ziad et Banou sont morts électrocutés dans un transformateur EDF, un troisième mineur est dans un état grave. Ils se croyaient poursuivis par la police. Saura-t-on un jour s’ils l’étaient effectivement, et si les policiers sont coupables de non-assistance à personnes à danger ?

Quelles que soient les circonstances exactes de la mort de ces deux adolescents, elle aura été l’étincelle. La jeunesse des banlieues est saturée de rancœur contre un État qui, depuis des années, ne lui apparaît plus que dans son essence policière, judiciaire, et de plus en plus pénitentiaire.

Dans les quartiers populaires, les habitant(e)s vivent constamment dans la peur, pour eux ou leurs enfants, des contrôles d'identité humiliants, au faciès, des arrestations arbitraires, des passages à tabac impunis, et des inculpations pour « outrage et rébellion » frauduleuses afin de satisfaire à la « politique du chiffre ». Les rapports officiels récents eux-mêmes insistent sur cet accroissement du non-respect de la loi par ses principaux dépositaires.

Et que dire des provocations du ministre de l’Intérieur, mais surtout du mépris d’une politique qui, considérant les cités comme des territoires à reconquérir, s’apparente de plus en plus à une pratique coloniale et militaire du « maintien de l’ordre » ?

Alors oui, on regrette que cette violence - répondant à celle illégitime du pouvoir - s'exprime le plus souvent et paradoxalement contre celles et ceux qui, dans les quartiers de relégation, subissent déjà la violence étatique et patronale. Brûler des voitures, des écoles ou des bus nuit à la légitimité de cette révolte spontanée dont le sens est pourtant confusément compris par la population.br> Et en même temps il nous faut rappeler la réponse de l'État lorsque ces jeunes et leurs familles choisissent d'autres voies, comme celles des plaintes contre la police qui ne conduisent qu’exceptionnellement à des condamnations (rappelons-nous la démarche de l’association Bouge qui bouge à Dammarie-les-Lys *) ou comme celles, basées sur la démarche collective solidaire, de la marche des beurs des années 1980 cassée volontairement par le pouvoir socialiste de l'époque avec la récupération par SOS Racisme.

La révolte contre l'injustice, le sens d'une certaine solidarité de masse, et les éléments de réflexion politique d'une majorité de jeunes sont des valeurs que nous défendons. En cela nous sommes dans une compréhension solidaire de l'état de nécessité et des motivations de l’action directe qui animent actuellement les quartiers populaires.

Cette semaine d’émeutes exprime le désespoir de la frange la plus marginalisée d'une génération en manque de perspectives.

Elle est pourtant à mettre en lien avec la stratégie de la tension du gouvernement et l’actuelle répression des mouvements sociaux (transports, Poste, mouvement des lycéen-nes, faucheurs d’OGM …). Ces luttes témoignent de la même insécurité sociale.

Nous n’irons pas réclamer un retour à la « police de proximité » ou la construction de gymnases pour que la jeunesse se défoule en silence. Croit-on sérieusement résoudre ainsi la détresse sociale due à la violence politique et sociale du pouvoir ?

Nous n’irons pas même réclamer la démission du ministre de l’Intérieur, évoquée par une partie de la gauche. Cette question est subalterne, misérablement politicienne, et scandaleuse quand on se souvient que la gauche plurielle a elle-même institué les politiques sécuritaires et ne dévie pas encore aujourd'hui du modèle libéral-sécuritaire dominant (**).

Sans redistribution du travail et des richesses, et si la régression sociale, les inégalités, le racisme et l’exclusion continuent de perdurer, de tels accès de rage sont appelés à se reproduire.

Aucune « prévention », aucune récupération religieuse, aucune répression n’y pourra rien. Seules la justice et l’égalité économique et sociale constituent une réponse.


Secrétariat fédéral d’Alternative libertaire,
5 novembre 2005


(*) Alternative libertaire n°110, septembre 2002 : « Dammarie-les-Lys, Cité en deuil, cité en résistance » (pour accéder à l'article, cliquer ICI)

(**) Séance du 16 juillet 2002 à l’Assemblée nationale, adresse du député Julien Dray au ministre de l’Intérieur, qui présente alors un arsenal de lois répressives : « La société […] ne peut trouver d’autre solution que la répression […]. Pour le bien-être de notre pays, je ne peux que souhaiter votre succès. [...] Votre texte présente une certaine continuité avec le plan stratégique préparé par le précédent gouvernement. »

Alternative libertaire BP 295 75921 Paris Cedex 19 Tél. 08-70-23-19-36

http://www.alternativelibertaire.org

This page has not been translated into Türkçe yet.

This page can be viewed in
English Italiano Deutsch

Front page

Reflexiones sobre la situación de Afganistán

Αυτοοργάνωση ή Χάος

South Africa: Historic rupture or warring brothers again?

Declaración Anarquista Internacional: A 85 Años De La Revolución Española. Sus Enseñanzas Y Su Legado.

Death or Renewal: Is the Climate Crisis the Final Crisis?

Gleichheit und Freiheit stehen nicht zur Debatte!

Contre la guerre au Kurdistan irakien, contre la traîtrise du PDK

Meurtre de Clément Méric : l’enjeu politique du procès en appel

Comunicado sobre el Paro Nacional y las Jornadas de Protesta en Colombia

The Broken Promises of Vietnam

Premier Mai : Un coup porté contre l’un·e d’entre nous est un coup porté contre nous tou·tes

Federasyon’a Çağırıyoruz!

Piştgirîye Daxuyanîya Çapemenî ji bo Êrîşek Hatîye li ser Xanîyê Mezopotamya

Les attaques fascistes ne nous arrêteront pas !

Les victoires de l'avenir naîtront des luttes du passé. Vive la Commune de Paris !

Contra la opresión patriarcal y la explotación capitalista: ¡Ninguna está sola!

100 Years Since the Kronstadt Uprising: To Remember Means to Fight!

El Rei està nu. La deriva autoritària de l’estat espanyol

Agroecology and Organized Anarchism: An Interview With the Anarchist Federation of Rio de Janeiro (FARJ)

Es Ley por la Lucha de Las de Abajo

Covid19 Değil Akp19 Yasakları: 14 Maddede Akp19 Krizi

Declaración conjunta internacionalista por la libertad de las y los presos politicos de la revuelta social de la región chilena

[Perú] Crónica de una vacancia anunciada o disputa interburguesa en Perú

Nigeria and the Hope of the #EndSARS Protests

© 2005-2021 Anarkismo.net. Unless otherwise stated by the author, all content is free for non-commercial reuse, reprint, and rebroadcast, on the net and elsewhere. Opinions are those of the contributors and are not necessarily endorsed by Anarkismo.net. [ Disclaimer | Privacy ]