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La mission de l'ONU en Haïti au service des intérêts occidentaux

category amérique centrale / caraïbes | impérialisme / guerre | presse non anarchiste author Friday August 12, 2011 00:09author by Le Nouvelliste Report this post to the editors

La MINUSTAH joue-t-elle vraiment son rôle en Haïti?

Selon des câbles diplomatiques confidentiels révélés par Wikileaks, les Etats-Unis et l'ONU auraient fait pression pendant des années pour empêcher l'ancien président haïtien Jean-Bertrand Aristide de retourner dans son pays. Un retour qui menaçait les intérêts occidentaux en Haïti.

Des responsables américains et des membres de l'ONU ont mené une campagne de grande envergure à l'encontre de l'ancien président haïtien Jean-Bertrand Aristide pendant des années. C'est en tout cas ce qui ressort de plusieurs câbles diplomatiques divulgués par Wikileaks. Selon ces documents, plusieurs responsables de l'ONU et des Etats-Unis cherchaient par tous les moyens à maintenir virtuellement prisonnier Jean-Bertrand Aristide en Afrique du Sud.

Une opération qui mettrait en cause également la MINUSTAH, la mission onusienne dépêchée sur place depuis 2004. La Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti ne serait en effet qu'une couverture pour protéger les intérêts occidentaux sur l'île.

Ce que semble confirmer Janet Sanderson, ambassadrice américaine dans un câble daté de 2008 : "Un départ prématuré de la MINUSTAH laisserait le gouvernement haïtien vulnérable à la résurgence des politiques populistes et anti-marchés, inversant les bénéfices réalisés ces deux dernières années".

Ce n'est pas la première fois que l'intégrité de l'ONU en Haïti est mise en cause. En 2004, des organisations indépendantes pour la protection des droits de l'Homme, dont Amnesty, ont accusé la MINUSTAH et la Police nationale d'Haïti de collaborer à de nombreuses atrocités contre les civils. Faits que l'ONU a fini par reconnaître, mais en ajoutant que "cela s'était produit comme une conséquence de la répression menée par la MINUSTAH à l'égard de ce qu'elle a appelé des « gangs »".

Pourtant, au début de l'année 2005, le lieutenant-général Augusto Heleno Ribeiro Pereira - commandant des forces de la MINUSTAH - témoignant devant une commission du Congrès du Brésil, avait déclaré: "Nous sommes sous une pression extrême de la communauté internationale de recourir à la violence". Il citait notamment les Etats-Unis, le Canada et la France.

En 2006, le chef de la MINUSTAH, Edmond Mulet, avait d'ailleurs "pressé les Américains à intenter des actions légales contre Aristide pour empêcher l'ancien président de reconquérir le soutien de la population et de retourner en Haïti".

Suite à ces recommandations, le secrétaire général de l'époque, Kofi Annan, avait fait pression sur le gouvernement sud-africain pour "s'assurer qu'Aristide reste en Afrique du Sud". Le successeur de Kofi Annan, Ban Ki-Moon, puis Barack Obama avaient d'ailleurs continué à faire pression sur Pretoria pour les mêmes raisons.

Un retour qui aurait fragilisé le processus démocratique en Haïti selon les Etats-Unis. Argument étonnant lorsque l'on apprend qu'un ambassadeur américain avoue dans un câble de 2005 qu'"Aristide reste la seule figure politique majeure en Haïti qui obtient plus de 50% des sondages en sa faveur".

Argument toujours plus étonnant quand on sait que les Etats-Unis ont ouvertement soutenu la présidence d'Aristide dans les années nonante, allant jusqu'à menacer d'intervenir militairement dans un pays alors dirigé par une dictature militaire.

Mais en 1995, le soutien américain s'arrête net. Cette année-là, Jean-Bertrand Aristide, de retour au pouvoir, finit par désavouer son Premier ministre sous la pression populaire. Le peuple haïtien réagissait alors massivement contre un plan de privatisations massives visant les principales entreprises publiques. Plan de privatisations mis en place par des créanciers basés à Washington tels que la Banque mondiale, le FMI et USAid. Voyant leurs intérêts menacés, les Etats-Unis demandent à Aristide de ne pas briguer un deuxième mandat consécutif, comme le veut la Constitution haïtienne. Ce qu'il accepte de faire.

En 2003, alors qu'il avait été réélu trois ans auparavant avec plus de 90% des voix, Jean-Bertrand Aristide est chassé par une rébellion armée. Il quitte le territoire dans un avion américain, accompagné du personnel de sécurité américain. L'ancien président a toujours qualifié ce départ "d'enlèvement des temps modernes".

Il faut croire que la pression internationale est retombée après les dernières élections en Haïti en avril dernier. Son Parti Lavalas exclu des listes électorales, Jean-Bertrand Aristide a pu rentrer chez lui quelques heures avant le second tour de la présidentielle. Arrivé à l'aéroport, il a été accueilli par des milliers de partisans rassemblés derrière les barrières de sécurité.

Related Link: http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=95809&PubDate=2011-08-08#Suite
author by El Pollopublication date Fri Aug 12, 2011 15:16author address author phone Report this post to the editors

I happen to know both french and english pretty well, so I gave a shot at translating this post. It is a little rough ( I'm no profesionnal ) but it's understandable. Hope it helps!

Voici une traduction rapide du post ci-dessus.

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UN in Haiti serves occidental interests

Is the UNSTAMIH really playing fair in Haiti?

Some confidential diplomatic cables reveled by Wikileaks admitted that the USA and UN indeed put pressure during many years on the former Haitian president Jean-Bertrand Aristide to keep him from returning to his country. His return would have threatened the occidental interests in place.

American officials and members of the UN held a colossal campaign against Jean-Bertrand Aristide during years and years, so say diplomatic cables disclosed by Wikileaks. These documents also brings out that many USA and UN officials wanted to keep by all means M. Aristide virtually prisoner in South Africa.

The UNSTAMIH, UN's Haitian mission created in 2004, would also be of the operation. United Nations Stabilisation Mission In Haiti would only have been a cover-up to keep the occidental interests on the Island safe.

Janet Sanderson, the American ambassador in Haiti, even seems to be confirming it. In a 2008 cable, she was telling that ”a premature departure of the UNSTAMIH would leave the Haitian government vulnerable to the return of populist and anti-market politics, thus destroying the progress made during the last two years”.

It is not the first time that the integrity of the UN in Haiti is questioned. In 2004, independent human rights organisations, including Amnesty International, accused the UNSTAMIH and the National Police of Haiti of collaborating together in atrocities against civilians. Facts that UN finally confirmed, also saying that “it was only a consequence of UNSTAMIH's repression against what she called “gangs””.

Yet, in the beginning of 2005, lieutenant general Augusto Heleno Ribeiro Pereira – one of the heads of the UNSTAMIH - testifying before a Brazilian commission, declared: “The international community is putting us under extreme pressure for us to use violence”. He was, among others, referring to USA, France and Canada.

In 2006, the chief of the UNSTAMIH's mission, Edmond Mullet, also “pressed the Americans to take legal actions against Jean-Bertrand Aristide to keep him from winning back his popularity and return to Haiti”.

After these recommendations, UN's general secretary, Kofi Annan, had put pressure on the South African government to “assure himself that Aristide would stay in South Africa”. Kofi Annan's successor's, Ban-Ki Moon, with the help of Barack Obama, also continued to exert his influence on Pretoria for the same reasons.

A return that would have weakened the democratic process in Haiti, so US said... Surprising argument when one knows the American ambassador admitted in 2005 through a diplomatic cable “that Aristide was the only person who won more than 50% of the polls”.

Even more startling when we know USA openly supported Aristide's presidential campaign in the 90's, saying they would send in their army in what was then a military dictatorship if he wasn't elected.

But in 1995, the American support abruptly stops. That year, Jean-Bertrand Aristide, returning to power, disavows his Prime minister under popular pressure. The Haitian people was back then reacting to the massive privatization of public enterprises planned by Washington-based creditors like the World Bank, the IMF and USAid. Realizing the menace, the USA then asked Aristide not to run for a second term, which he accepted.

In 2003, reelected with by a majority of 90% three years before, Jean-Bertrand Aristide is thrown out by a military uprising. He is escorted in a plane outside the country by American security personnel. The former president always qualified this departure of “kidnapping of the modern times”.

We can now believe that international pressure came down after Haiti's last elections, last April. Aristide Lavalas party taken out of the electoral lists, Jean-Bertrand Aristide was finally able to return in his country. He was welcomed at the airport by thousands of supporters gathered behind security gates.

Related Link: http://www.anarkismo.net/article/20296
 
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