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Antifascisme : Front social contre Front national

category france / belgique / luxembourg | anti-fascisme | opinion / analyse author Sunday November 09, 2014 22:42author by Édith Soboul - Alternative Libertaire Report this post to the editors

Congrès du Front National à Lyon

Le Front National tiendra congrès les 29 et 30 novembre à Lyon. Du côté des forces antifascistes, la mobilisation est de mise : une manifestation ainsi que des débats et ateliers sont programmés à Lyon. L’enjeu est de montrer clairement que les idées d’extrême droite doivent être combattues sans relâche.

Le front antifasciste qui se reconstitue aujourd’hui doit faire face à une période éminemment plus dangereuse que celle qui, dans les années 1980-1990, avait conduit à la constitution des réseaux Scalp-No Pasaran et Ras l’Front. Le FN est désormais une force électorale incontournable, aux marches du pouvoir, et les réseaux ultra (des soraliens-dieudonnistes aux identitaires et fachos de tout poil) réussissent à obtenir un écho certain. Face à cela, après le délitement de l’antifascisme organisé au début des années 2000, nous avançons encore à pas mesurés, bien que le chemin soit désormais engagé. Il avait fallu près de dix ans pour que le mouvement antifasciste des années 1990 réussisse à organiser des mobilisations de masse comme celle de la manifestation contre le congrès du FN à Strasbourg en mars 1997 qui avait rassemblée près de 50 000 personnes et contribué à affaiblir le parti fasciste. Nous sommes loin de pouvoir espérer réussir aujourd’hui une telle initiative. Pour autant nous n’en sommes pas exactement au point zéro.

Reconstruire un mouvement contre l’extrême droite


Les mobilisations de juin 2013 et 2014 suite à l’assassinat de Clément Méric, la multiplication de collectifs antifascistes locaux (aux réalités et aux contours forts variés), le renforcement de l’association Visa et la structuration progressive de la Conex, mais aussi la semaine « Marseille contre l’extrême droite » organisée lors de l’université d’été du FN à Marseille en septembre 2013 comme le week-end antifasciste programmé face au congrès du FN à Lyon en novembre prochain sont caractéristiques de cette période de reconstruction.

Dans ce processus, les collectifs locaux ont un rôle important à jouer. Divers dans leurs périmètres et leurs structurations, ces collectifs manquent aujourd’hui cruellement de coordination. Cartels d’organisations ou collectifs d’individus, certains peuvent être solidement implantés et depuis longtemps, d’autres, parmi les plus récents, peinent à s’installer dans le paysage. Chaque collectif est pour l’heure renvoyé à sa réalité locale, à la production de son propre matériel d’intervention et, la plupart du temps, se retrouve cantonné à la réaction au coup par coup. Mais le manque de coordination – qu’il s’agit de renforcer au plus vite ! – entraîne aussi une difficulté à mener des débats de fond qui, même si s’y expriment des opinions divergentes, voire des confrontations, permettraient de penser collectivement et stratégiquement l’action antifasciste à l’échelle nationale.

Sur le plan stratégique justement, le premier écueil à dépasser dans cette reconstruction/ redéfinition en cours du mouvement antifasciste est d’affirmer que la fracture ne doit pas se faire entre antifascisme radical et antifascisme de masse. Pour Alternative libertaire, la colère qui peut exister face à la progression de l’extrême droite doit pouvoir s’exprimer : elle contribue à battre en brèche la banalisation de l’extrême droite et de ses idées, assise par les médias dominants comme par les partis de gouvernement dans leur ensemble. Pour autant, cette colère peut s’exprimer différemment. Ainsi, lors de la manifestation de fin novembre contre le congrès du FN, il ne doit pas exister de rupture entre les camarades partisans d’actions radicales et celles et ceux souhaitant « seulement » défiler. Ce positionnement, cette « diversité des tactiques », Alternative libertaire propose au(x) collectif(s) d’organisation de le partager et de l’assumer concrètement (organisation éventuelle d’équipes juridiques et médicales par exemple).

Contre l’isolement, pour la solidarité de classe

Alternative libertaire a décidé, lors de sa dernière coordination fédérale, de faire de la réussite de la manifestation antifasciste de Lyon une de ses priorités, en s’engageant partout où c’est possible dans les cadres unitaires qui porteront cette mobilisation. Lors de cette manifestation, nous proposons également à nos partenaires libertaires et anticapitalistes la structuration d’un pôle large dans la manifestation, dans lequel chaque cortège s’intégrerait sans pour autant s’y dissoudre. Ainsi les anticapitalistes apparaîtront unis et parlant d’une même voix face au parti fasciste et à l’extrême droite. Une voix qu’il faut faire entendre car elle raisonne des mots de lutte et de solidarité de classe, de grève, d’autogestion...

D’autant qu’à l’occasion de la mobilisation contre le congrès du FN, des forums sont également prévus. Ils peuvent être l’occasion de défendre un antifascisme social comme alternative à l’antifascisme républicain, qui apparaît trop souvent comme seul rempart à la progression du FN. Par antifascisme « républicain », nous visons particulièrement l’illusion qui consiste à croire qu’une force électorale à gauche de la gauche serait capable de freiner la progression du FN. C’est le choix stratégique explicite de la gauche mélenchoniste et du PCF. C’est aussi une idée qui habite les têtes de nombreux militants, pas nécessairement encarté-e-s, mais polarisé-e-s par cette stratégie. Au-delà, les discours généraux sur « l’abstention qui fait monter le FN » participent de cette stratégie républicaine qui renvoie à l’isoloir – et à l’isolement – la lutte antifasciste.

Pour un antifascisme social


Encore faut-il donner du contenu à cet antifascisme social. Si nous jugeons la période véritablement plus inquiétante, nous devons, alors, aller plus loin que ce que nos habitudes militantes nous confortent à mettre en œuvre. Il ne s’agit pas de se priver de faire ce que nous savons faire, de faire ce que nous avons appris au cours de plusieurs années de pratiques des luttes : organiser des manifestations, des collages, des tractages, réaliser des argumentaires et assurer – le plus possible – une présence physique face à l’extrême droite. Face à la tentation fasciste et à l’ampleur de la pénétration des idées d’extrême droite, il faut regagner du terrain. La « simple » propagande et les réactions au coup par coup n’y suffiront pas, bien que ces aspects soient nécessaires. La présence physique sur les marchés, sur les lieux de vie et de sociabilité populaire sont une nécessité. Pas seulement pour y apporter un discours qui peut apparaître comme extérieur mais pour prouver et incarner nos engagements et nos valeurs d’entraide et de solidarité. L’action syndicale que nous pouvons développer sur nos lieux de travail, les luttes sociales que nous contribuons à animer sur différents fronts (logement, antiracisme…) peuvent y contribuer et c’est bien sûr de cela dont il faut parler et qu’il faut d’abord faire connaître.

La campagne unitaire « Uni-e-s contre l’extrême droite » portée par la CGT, la FSU et Solidaires est encore trop « centralisée », même si des initiatives locales ont pu exister. La responsabilité des militants révolutionnaires et de contribuer à décliner plus encore cette campagne à l’échelle des départements et des unions locales comme dans les fédérations, les syndicats et les sections des secteurs professionnels. Tout atteste que le syndicalisme reste un rempart essentiel à la progression de l’extrême droite, par sa capacité à mener des luttes de masses et à rendre tangible la solidarité de classe au quotidien. Le renforcement de l’association Visa, la création d’antennes locales, comme c’est le cas dans les Bouches-du-Rhône, peut également participer de cette démarche. La création de commissions antifascistes dans les différents syndicats et aux différents niveaux de structuration est également à l’ordre du jour. Il ne faut pas non plus négliger ce qu’un travail intersyndical antifasciste peut permettre en matière de consolidation des liens intersyndicaux et interprofessionnels, atout certain pour les luttes sociales à venir.

Mais il s’agit aussi de développer d’autres pratiques extraparlementaires. Des expériences comme celles de la Créa à Toulouse, de la Rôtisserie ou de la cantine autogérée des Pyrénées à Paris, même si elles sont encore embryonnaires et limitées, vont dans ce sens. Les lieux autogérés qui peuvent exister dans certaines villes, comme L’Étincelle à Angers, également.

… et extraparlementaire

Nous devons aussi garder à l’esprit que si les (trop) rares expériences que nous pouvons mobiliser ont été la plupart du temps mises en œuvre en ville, il est capital de trouver les contours de pratiques similaires dans les espaces périurbains et ruraux. Même si les modalités d’intervention peuvent être encore difficiles à imaginer, cela n’en demeure pas moins un objectif qui peut être discuté dans les collectifs militants.

Le projet est bien de rendre possible ce qui s’apparenterait à des centres sociaux autogérés, véritables bourses du travail contemporaines, où la solidarité la plus concrète et la plus élémentaire ne serait pas qu’un vain mot. C’est aussi de cela qu’il faut débattre au sein d’un mouvement antifasciste qui cherche à répondre le plus efficacement possible à la résistible ascension des différentes extrêmes droites. L’ancrage de militants anticapitalistes, libertaires et révolutionnaires dans le mouvement social et le syndicalisme est un atout certain pour éviter que ces initiatives restent cantonnées à un pré carré militant, et, au contraire s’adressent au plus grand nombre. Portées au sein des collectifs antifascistes, dans les différents regroupements unitaires (notamment ceux préparant la mobilisation de novembre à Lyon), ces propositions peuvent dessiner une alternative idéologique et stratégique et contrecarrer les discours légalistes et républicains tout en affirmant une position anticapitaliste. Car c’est bien à partir de notre terrain, celui de la rue et des luttes, que nous dessinerons les contours d’un antifascisme social, de masse et de classe.

Édith Soboul (secrétariat fédéral d’AL)

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